Près d’un adulte sur cinq développe des varices au cours de sa vie, avec une prévalence qui augmente après 40 ans. Les traitements proposés aujourd’hui ne promettent pas tous les mêmes résultats ni les mêmes suites médicales.
Certaines techniques, jugées obsolètes il y a dix ans, connaissent un regain d’intérêt grâce à de nouveaux protocoles. D’autres, très récentes, ne font pas encore l’unanimité chez les spécialistes. Les critères de choix varient selon les profils médicaux et les attentes des patients.
Comprendre les varices : pourquoi apparaissent-elles et quels sont les risques ?
En France, la réalité est simple : près de 10 millions de personnes vivent avec des varices. Cette maladie veineuse chronique touche jusqu’à 35 % de la population. Les femmes en font les frais, davantage exposées par les bouleversements hormonaux ou les grossesses. Mais la génétique, le surpoids, une vie trop sédentaire ou le fait de rester debout des heures durant pèsent aussi lourd dans la balance. Résultat : des veines superficielles des jambes qui finissent par se dilater, visibles à l’œil nu.
La grande veine saphène est impliquée dans près d’un cas sur deux. Dès que la circulation ralentit, la pression augmente, la paroi veineuse se fragilise, et la mécanique s’enraye. Les premiers signaux ne trompent pas : jambes lourdes, gonflements, crampes la nuit, besoin irrépressible de bouger, démangeaisons. Parfois, la peau change de couleur ou se fissure, marquant l’avancée du problème. Ces symptômes rampent, s’installent, puis un jour, c’est le choc du miroir : des cordons bleutés, bien visibles sous la peau.
Voici les principaux facteurs de risque et les manifestations à surveiller :
- Facteurs de risque varices : hérédité, grossesse, sédentarité, surpoids, âge, sexe féminin, longues périodes debout.
- Symptômes : jambes lourdes, gonflement, douleurs, crampes, démangeaisons, taches pigmentées sur la peau.
La maladie variqueuse évolue souvent par poussées. Même après un traitement, les récidives ne sont pas rares. Si rien n’est fait, l’insuffisance veineuse chronique peut finir par provoquer des dégâts : ulcères, troubles de la peau, voire une thrombose veineuse. Prendre le problème tôt permet de limiter la progression et de préserver le confort de vie.
Quels traitements existent aujourd’hui pour enlever les varices ?
Face à la maladie variqueuse, les méthodes de traitement n’ont cessé d’évoluer, balançant entre interventions classiques et innovations high-tech. En France, la palette thérapeutique s’adapte à la morphologie, à la localisation, au diamètre de la varice et au profil médical du patient.
En première intention, la contention élastique reste incontournable. Bas, chaussettes ou collants exercent une pression calculée, facilitant le retour veineux et allégeant les sensations de jambes lourdes ou d’œdèmes. Cette solution ne s’attaque pas à la racine du problème, mais elle soulage le quotidien. Les veinotoniques, eux, apportent un confort supplémentaire, sans modifier le cours de la maladie.
Pour effacer les varices, plusieurs solutions existent, à choisir selon le contexte :
- La sclérothérapie utilise une injection de produit sclérosant, idéale pour les petites veines et les varicosités.
- La chirurgie, avec le stripping (ablation de la veine saphène), souvent associée à une phlébectomie pour retirer les branches secondaires.
- La méthode CHIVA, stratégie plus conservatrice, vise à préserver la veine saphène.
Depuis une dizaine d’années, les techniques endovasculaires séduisent par leur efficacité et une convalescence express : laser endoveineux, radiofréquence ou encore traitement par vapeur d’eau. Elles détruisent la veine malade de l’intérieur, sous anesthésie locale, avec un retour rapide à la vie active. Le choix dépend du diamètre de la veine, de l’anatomie et du profil du patient.
Zoom sur les méthodes les plus efficaces : avantages, limites et résultats attendus
Les traitements endovasculaires dominent désormais le paysage. Laser endoveineux et radiofréquence offrent des résultats comparables à la chirurgie classique pour retirer la veine saphène. Réalisées sous anesthésie locale, ces méthodes sont appréciées pour leur rapidité et un risque d’hématomes minime. Quelques jours suffisent pour reprendre ses activités, sans cicatrice apparente. De nombreuses études, dont celle de la revue Cochrane, confirment leur supériorité à long terme sur la sclérothérapie, notamment pour la qualité de vie à cinq ans.
Pour mieux comprendre les avantages et les limites de chaque technique, voici les points clés :
- Laser endoveineux : efficacité proche de la chirurgie, résultats durables, récupération rapide. À surveiller : inflammation locale, ecchymoses, brûlures superficielles ou, plus rarement, atteinte nerveuse.
- Radiofréquence : même principe, efficacité équivalente, récupération souvent légèrement moins douloureuse.
- Sclérothérapie : réservée aux petites varices. Simple, peu invasive, mais moins performante pour la veine saphène sur le long terme, et déconseillée si trouble de la coagulation ou antécédent de phlébite.
- Stripping : méthode historique, nécessite une anesthésie générale ou locorégionale, expose à plus d’hématomes, douleurs, complications nerveuses ou infectieuses.
La méthode CHIVA, plus confidentielle, privilégie la préservation de la veine saphène : moins de risque de blessure nerveuse ou d’hématome, mais elle requiert une expertise spécifique. La contention élastique reste la solution de référence pour soulager les symptômes et freiner l’évolution, sans éradiquer les varices déjà présentes. Quant aux veinotoniques, ils interviennent uniquement sur le confort au quotidien.
Quand consulter un professionnel de santé et comment choisir la solution adaptée ?
Les varices ne relèvent pas seulement d’un souci esthétique. Elles témoignent d’une insuffisance veineuse, source potentielle de douleurs, œdèmes, crampes ou ulcères. Dès que des jambes lourdes, des gonflements persistants ou un changement de couleur de la peau apparaissent, prendre rendez-vous avec un médecin vasculaire s’impose. L’écho-doppler, examen indolore, cartographie le réseau veineux, repère les reflux et oriente la stratégie de traitement.
Chaque parcours est unique. Le médecin prend en compte les antécédents familiaux, l’histoire personnelle, les grossesses, l’activité physique ou le surpoids. Il distingue les atteintes de la veine saphène des petites dilatations. Le traitement s’ajuste, la recommandation aussi. Certains profils, notamment en cas de phlébite, de troubles de la coagulation ou de maladie artérielle, exigent une vigilance particulière et une adaptation du protocole.
Voici comment les techniques se répartissent selon les situations les plus fréquentes :
- Laser endoveineux et radiofréquence : conseillés pour les veines saphènes incontinentes, ils offrent une récupération rapide et des suites simples.
- Sclérothérapie : privilégiée pour les petits vaisseaux, déconseillée en cas de pathologie cardiovasculaire avancée.
- Contention élastique : recommandée pour apaiser les symptômes, prévenir l’aggravation ou compléter une intervention.
Le choix final se bâtit sur un dialogue clair, où attentes et contraintes sont mises en perspective avec les bénéfices. La maladie veineuse réclame une stratégie personnalisée : aucune solution standard, mais une rencontre entre l’expertise médicale et les besoins de chacun. Face aux varices, la science avance, mais c’est le patient, informé et bien entouré, qui trace sa route.


